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Espace cinéraire

Espace cinéraire

Répondant à des préoccupations écologiques, philosophiques et religieuses aussi bien que pratiques (prix moindre, pas d’entretien de concession...), la crémation représentait près de 36 % des obsèques en 2016 (source : Association Crématiste de France). 50 % des français interrogés en 2014 déclaraient avoir l’intention de choisir l'incinération pour leurs propres obsèques (source Credoc).

Face à cet engouement pour la crémation, les cimetières doivent s’adapter et repenser leur aménagement pour donner naissance à un espace à part entière : l’espace cinéraire.

Que dit la loi ?

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La Loi 2008-1350 a posé les principes fondateurs pour conférer un statut aux cendres.

Les cendres doivent être traitées avec le respect dû à une dépouille mortelle. « Les restes des personnes décédées, y compris les cendres de celles dont le corps a donné lieu à crémation, doivent être traités avec respect, dignité et décence. » (Art. 16.1.1 du Code Civil).

En conséquence, il n’est plus possible de conserver chez soi une urne cinéraire.

L'article L 2223-18-2 du CGCT explicite la destination des cendres :
- l'urne cinéraire peut être inhumée dans une sépulture, déposée dans un columbarium ou scellée sur un monument funéraire.
- les cendres peuvent être dispersées dans un espace aménagé (jardin du souvenir, puits de dispersion...) dans le cimetière ou dans un site cinéraire.
- elles peuvent également être dispersées en pleine nature.

Selon la loi n° 2008-1350 du 19 Décembre 2008, chaque commune de plus de 2000 habitants doit se doter d’un espace cinéraire destiné à l’accueil des cendres des personnes ayant été incinérées. Dès lors, « le conseil municipal peut décider l'affectation de tout ou partie d'un cimetière au dépôt ou à l'inhumation des urnes et à la dispersion des cendres des corps ayant fait l'objet d'une crémation. » (art. R2223-9 du Code Général des Collectivités Territoriales).

D’après l’article L 2223-2 du CGCT, ce site cinéraire doit comporter « un espace aménagé pour [la] dispersion [des cendres] et doté d'un équipement mentionnant l'identité des défunts », le plus souvent une stèle portant les noms des défunts, « ainsi qu'un columbarium ou des espaces concédés pour l'inhumation des urnes ». Les communes ne sont donc pas obligées de disposer à la fois d’un columbarium et d’un champ d’urnes.

Conseils et suggestions d’aménagement

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Quels aménagements pour accueillir les cendres ?

  • Dispersion des cendres. Les cendres peuvent être dispersées dans un espace réservé au sein du cimetière : le jardin du souvenir ou le puits de dispersion. L’absence de sépulture personnalisée peut alors rendre plus difficile la démarche de deuil. L’aménagement du jardin du souvenir vient dans ce cas en soutien du processus de deuil. Des éléments naturels (arbustes, rochers...) peuvent servir de repères visuels à la famille lors de la dispersion et leur fourniront un moyen d’identifier l’endroit où « se trouve » le défunt.  Mentionner l'identité du défunt peut se matérialiser sous diverses formes. Les stèles ou totems sont les plus courants mais de nouvelles pratiques voient le jour, en lien avec l'évolution de la société civile (bornes informatiques, projection des noms...). .
  • Urne placée en caveau familial. L’urne cinéraire est placée aux côtés des cercueils dans une concession funéraire traditionnelle. Dans ce cas, le cimetière n’a pas besoin de prévoir un aménagement particulier. Il est envisageable de prévoir, dans le règlement du cimetière, un "vide-sanitaire" dont l'intérêt est de dégager un espace supérieur dans la concession, pour y inhumer des urnes funéraires.
  • Urne placée en columbarium. Les urnes sont disposées dans des cases individuelles ou familiales ; le plus souvent, les cases sont prévues pour recevoir 2 ou 3 urnes, mais certains modèles peuvent en accueillir jusqu’à 6. Les dimensions des urnes n’étant pas standardisées, il se peut que des cases prévues pour 2 urnes ne puissent en accueillir qu’une seule de grande taille ou de forme originale. Il peut alors être prudent, lors de la construction du columbarium, de choisir des cases d’une taille légèrement supérieure à celle souhaitée initialement.

    Comme la part de la crémation augmente rapidement, il est conseillé dès la mise en place du columbarium de réserver un espace pour son extension future ; prévoir un système évolutif à base de cases modulaires qui s’ajouteront au monument existant évitera d’avoir à installer un nouveau columbarium complet.
  • Urne placée en réceptacle d’urnes (champ d’urnes). Le réceptacle d’urnes (aussi appelé cave-urne, casurne ou caveautin) est une sépulture cinéraire. De taille réduite (moins d’1 m², même pour les plus grands modèles), le réceptacle d’urnes est généralement enterré, laissant alors affleurer sa dalle supérieure pour recevoir fleurs, photographies ou dédicaces. Le réceptacle d’urnes a l’avantage de pouvoir être posé individuellement ou de s’intégrer à un mur ou un élément architectural.
Lieu de mémoire...

Les contraintes spatiales, notamment en milieu urbain, font que les cimetières recourent au regroupement des monuments cinéraires, voire édifient un monument collectif (cas du columbarium). Son architecture est au choix de la Collectivité. Mais  préserver un sentiment d’intimité lors du recueillement passe souvent dans nos sociétés par l’individualisation des monuments.

Une solution simple consiste alors à choisir un columbarium qui permette un fleurissement personnalisé grâce à une jardinière, une tablette ou un espace dédié à chacune de ses cases.

 
...et lieu de vie.

Les vivants qui viennent se recueillir au cimetière ont besoin d’entrer dans un espace humanisé et accueillant, et le site cinéraire ne fait pas exception à cette règle.

Des plantations, parterres, arbres et arbustes, apporteront un sentiment d’apaisement et de quiétude. Si vous manquez de place pour installer un espace végétalisé, pourquoi ne pas recourir à des plantes grimpantes sur les murs ?

Si le site cinéraire est vaste, quelques bancs disposés au gré des allées inviteront les visiteurs à goûter un instant la sérénité du lieu.

Espace cinéraire, espace architectural

Espace architectural tout autant que paysager, le site cinéraire reflète l’essence esthétique de chaque cimetière. Les formes et les textures de chacun de ses éléments concourent à un agencement unique, classique ou novateur.

Il est possible d’associer au sein d’un même espace columbariums et cave-urnes, dont les formes et les matières se juxtaposeront harmonieusement. N’hésitez pas à puiser l’inspiration dans nos exemples de réalisations mettant en scène columbariums ou réceptacles d’urnes.

 
Osez la couleur !

Les couleurs du cimetière mêlent couleurs de la terre et couleurs des hommes.

Reflet de cette union, la palette de coloris des columbariums et réceptacles peut s’enrichir de teintes inhabituelles, comme le jaune sablé ou le blanc crémeux, qui mettront en valeur l’espace cinéraire… La finition (matière et couleur) des portes et dalles de fermeture est toute aussi importante car elle rehausse l’espace et lui apporte une personnalité propre.
Des parements muraux ou des agrégats colorés au sol feront agréablement écho aux tonalités choisies.

Pour que ces couleurs résistent aux agressions du temps et de la lumière, choisissez des éléments teintés dans la masse, dont les pigments minéraux naturels supporteront mieux les UV. Des traitements complémentaires peuvent lutter contre les agressions végétales (mousses et lichens).